Série : 

Une vidéo décrivant la motivation de ma création

Ma recherche artistique trouve son origine dans trois questions que Gauguin posait dans ses tableaux : D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? et cela s'étend à ma démarche artistique pour étudier l'histoire et le présent de notre communauté ainsi que pour réfléchir à notre humanité. Comme le dit Dostoïevski dans Le Pauvre homme : "L'homme est un mystère. Il faut le résoudre, et même si on passe sa vie à résoudre ce mystère, il ne faut pas dire que c'est une perte de temps ; je résous ce mystère parce que je veux être un homme. "

 

Il me semble que derrière l'histoire de la civilisation se cache une histoire de la sauvagerie humaine, de la cupidité, de la stupidité et du mal brutal, comme l'a fait Goya dans son œuvre "La Quinta del Sordo". Une histoire qui n'a cessé de s'écrire jusqu'à ce jour. 

Dans l'étude de notre mémoire collective, j'ai vu un processus par lequel, chaque fois qu'une crise survient, le mal de la nature humaine, comme une créature empiète sur la terre du bien et de la beauté, profite des défauts du bien, l'encourage sous l'apparence du bien, et corrompt l’âme des gens, de sorte que l'humanité devient floue et que le comportement humain perd ses points de repère et de jugement du bien et du mal au point que l'humanité s'effondre. 

Le mal commence alors à se multiplier, d'une part en nourrissant ses "nouveaux venus", et d'autre part en s'appuyant sur son pouvoir de domestiquer les gens pour en faire des esclaves « inférieurs ». Les esclaves sont prêts à renoncer à leur liberté en échange du pain qui leur semble si important. 

 

C'est une descente dans l'abîme de la ruine. La vitesse de cette descente de la civilisation à la barbarie est pour moi très étonnante. Du jour au lendemain, des gens biens peuvent prendre les armes et massacrer. Les fondements de notre civilisation ne sont pas solides. Si l’histoire de notre civilisation est cyclique la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences ne sont probablement pas un évènement passé qui ne se répètera jamais. En ce sens, notre société semble marcher sur un lac gelé. Chaque étape doit être franchie avec soin et prudence. Dans le Livre “du rire et de l’oubli” (1979), Milan Kundera a dit : « la lutte de l'homme contre le pouvoir, c'est la lutte de la mémoire contre l'oubli ». Nous devons donc nous pencher sur les souvenirs de notre communauté et défendre ce qu'il y a de bon dans notre humanité.

Ces dernières années, il semble que nous soyons arrivés à un carrefour de notre époque : les crises mondiales sont arrivées par vagues, les gens sont dépassés et les problèmes de l'ordre ancien continuent de s'accumuler et d'émerger. En ce moment, je suis très préoccupé par Où allons-nous ? Avec mon travail, j'espère évoquer et faire réfléchir sur la mémoire de notre communauté, travailler pour que nous ne prenions pas le même chemin que celui qui a conduit à la tragédie.